Questions-Reponses - Olivier Duhamel

Vos sculptures sont-elles réalisées à l’imprimante 3D ?
 Non. Elles sont faites de plaques découpées au laser et réassemblées manuellement.

Mais c’est fait sur ordinateur ? 
Oui. Je sculpte les formes en 3D avec ce que j’appelle de « l’argile numérique »

De l’argile numérique ? Qu’est-ce que c’est ?
Imaginez un tas d’argile ou plutôt l’image d’un tas d’argile présenté sur votre écran d’ordinateur. Cette image peut être tournée sur elle-même dans toutes les directions à l’aide de la souris, on peut s’en rapprocher pour examiner la surface en détails ou au contraire s’en éloigner pour une vue d’ensemble, exactement comme on ferait avec de l’argile sur une table tournante dans un atelier. Le fichier représentant ce bloc est constitué de millions de minuscules triangles. L’ordinateur mémorise la position relative de chaque sommet de chaque triangle. 
Les logiciels vous offrent de nombreux outils pour modifier la forme de ce fichier grâce à l’action de la souris. Sélectionnez par exemple l’outil d’étirage, pointez quelque part sur la surface de votre bloc d’argile, pressez et maintenez le bouton de la souris et faite glissé au travers de l’écran. Un peu d‘argile va s’étirer en suivant le mouvement de la souris. Relâchez le bouton, bravo ! Vous venez de modeler un cou, le début d’un bras, le bout d’un nez. Alors que vous glissiez la souris au travers de l’écran, le logiciel à ajouter d’autres triangles à la surface de votre bloc, donnant ainsi l’effet d’ajouter plus d’argile. Il y a de nombreux outils différents pour pousser, creuser, aplatir, gonfler, bouger et bien d’autres encore.

Ce n’est donc pas vraiment de l’art puisque vous ne travaillez pas avec vos mains ?
Malheureusement, les ordinateurs n’ont pas de bouton magique pour « créer un chef d’œuvre ». De la même façon, en installant Microsoft Word sur votre machine, vous ne deviendrez pas instantanément un poète de talent, un romancier à succès ni un commentateur de génie. Voyez plutôt l’ordinateur comme un simple outil. L’artiste a toujours besoin d’avoir une idée, la maîtrise de l’outil et une connaissance de l’anatomie, de la perspective et des proportions, un sens esthétique. On peut être certain que si Michel-Ange ou De Vinci avaient eu accès à des ordinateurs, ils en auraient exploré les capacités. Non que je ne prétende me comparer à aucun de ces deux artistes.

Je n’ai jamais rien vu de tel. Est-ce nouveau ? 
Le laminage du bois existe depuis les années 20. Rien de nouveau donc. De la même façon, la découpe au laser existe depuis les années 70. Ce qui semble être nouveau est la combinaison des deux techniques appliquées à la forme humaine.

Mais votre travail est vraiment unique. Êtes-vous le seul à travailler ainsi ? 
Je ne pense pas. Il est très probable que quelqu’un d’autre fasse la même chose ou quelque chose de semblable quelque part au monde. Mais je ne les ai pas encore rencontrés, ni en ligne, ni en personne.

Comment l’idée vous est-elle venue ? 
Je cherchais un moyen rapide, facile et bon marché de construire des armatures pour mes figurines en bronze. J’ai pensé que d’assembler une carte topographique en plaque de bois comme le faisait les architectes, me permettrait d’avoir une armature solide sur laquelle je ferais alors les détails anatomiques en cire ou en argile avant de faire un moule. En définitive, ce n’est ni rapide, ni facile ni bon marché mais j’ai trouvé l’aspect de mes premières expériences trop intéressant pour être juste des armatures. J’ai alors passé du temps à améliorer le procédé.

Combien de temps passez-vous sur chaque pièce ? 
Cela dépends bien sûr de la taille est de la complexité du modèle. La découpe au laser ne prends qu’une heure ou deux. Réassembler les tranches manuellement demande un jour ou deux parfois jusqu’à une semaine. C’est sur le modelage original que je passe le plus de temps, beaucoup de temps.

Quels matériaux utilisez-vous ? 
MDF (panneaux de fibres de bois à densité moyenne) A L’inverse du bois, le MDF est très stable et ne va ni se fendre, ni se déformer, ni rétrécir. La sculpture est donc très durable. Cependant la sculpture ne résistera pas à l’eau et doit être toujours sèche. Ne pas exposer aux intempéries. La pièce est couverte de 3 couches de gomme laque qui a l’avantage de ne pas attirer la poussière et ne demande aucune maintenance particulière autre qu’un époussetage de temps en temps. J’aime l’idée d’utiliser un humble matériau industriel pour réaliser ces œuvres élégantes et classiques. 
Acrylique. Des marques telles que Plexiglass ou Perspex offrent toutes une gamme de couleurs, transparentes ou opaques. Cela apporte à la sculpture un aspect plus contemporain. L’acrylique est résistant aux UV et les sculptures peuvent être exposées à l’extérieur. 
Bronze. Beaucoup de mes sculptures existent également en Bronze à une plus petite échelle.

Vos pièces sont-elles uniques ou multiples ?
La plupart des sculptures sont des œuvres originales c’est à dire qu’elles sont éditées à 8 exemplaires ou moins. Seules les séries des Rosie et Roxie sont des éditions limitées à une plus large numérotation.


(Traduit de l'anglais par Tania Klein - Galerie Artiane)


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